Le sumo dans tous ses états – Expats au Japon depuis 596 jours
Le sumo dans tous ses états
On attaque aujourd’hui la deuxième semaine décisive du troisième tournoi de sumo de l’année à Tokyo. Pas d’éliminations comme à Roland-Garros, mais les vaincus roulent sur la poussière du « dohyô » comme les champions en raquette sur la terre rouge de la Porte d’Auteuil. On peut suivre les scores sur le très complet site français du sumo sumofr.net, et regarder les champions s’affronter tous les jours de la quinzaine de 16 à 18 heures, heure du Japon, sur la NHK.
de cet homme musculeux mais « à l’estomac trop petit » pour… grossir. Un gavage scientifiquement organisé par celle qui deviendra sa femme est le seul moyen pour lui faire passer la barre des cent-dix kilos, ce qui lui permettra de passer dans la catégorie des ôzeki (« grand champion »). Sa technique fait merveille lorsqu’il ne se fait pas projeter comme une plume par les montagnes de deux cents kilos et plus (il n’y a pas de catégories de poids au sumo) ; ses combats dans les années 1990 contre le monstre hawaïen de 260 kilos Konishiki restent paraît-il dans la mémoire collective des Japonais. Il y a un an, nous avions eu la chance de rencontrer cet ancien maître du sumo habile et agile dans le restaurant que sa famille a ouvert près de la confrérie qu’il dirige désormais : son poids redevenu presque normal, il émanait de lui une noblesse et une sagesse qui forçaient l’admiration.Enfin, pour voir les beaux bébés s’ébattre devant nous de manière beaucoup plus relaxe et nonchalante, il ne faut surtout pas rater la démonstration annuelle dans le sanctuaire Yasukuni au moment du « hanami », la floraison des cerisiers. Cette année, c’était magique : cette exhibition bon enfant en plein air s’est déroulée le premier vrai jour de chaleur de l’année, avec une jolie brise qui faisait voleter une pluie de pétales de fleurs de cerisier comme autant de flocons d’un rose laiteux. Les colosses se laissaient nonchalamment peigner le chignon par leurs coiffeurs attitrés, retiraient une boisson au distributeur, se laissaient photographier en souriant, avant de combattre pour le plaisir des classes d’écoliers et des femmes d’expat regroupés autour du cercle magique du dohyô.
Allez, bonne chance à Asashoryu et Hakuho, les deux mongols, à Kotooshu, mon chouchou bulgare, et aux autres ! Que le meilleur gagne, sans rumeurs de matches truqués, pour que le sumo reste un des plus beaux symboles du Japon.

Libellés : Livres et films sur le Japon, Sumo, Tokyo





La Pierre et le Sabre, suivi de la Parfaite Lumière, de Yoshikawa Eiji – J’ai Lu
Quoi qu’en disent certains, comment ne pas adorer Tokyo quand on revoit « Lost in Translation » après un verre au Park Hyatt de Shinjuku, un karaoké entre collègues ou un jetlag tenace de retour de Paris. Ne manquent plus qu’une Scarlett Johansson en perruque rose ou un Bill Murray en smoking avec des pinces dans le dos qui murmure « for relaxing times, make it Suntory time ».
« Le plateau de repas semble un tableau des plus délicats. […] La peinture n’était au fond qu’une palette, dont vous allez jouer au fur et à mesure que vous mangerez, puisant ici une pincée de légumes, là de riz, là de condiment, là une gorgée de soupe, selon une alternance libre, à la façon d’un graphiste (précisément japonais), installé devant un jeu de godets et qui, tout à la fois, sait et hésite. »
« Dans un bouquet japonais, […] quelles que soient les intentions symboliques de cette construction énoncées dans tout livre d’art sur l’Ikebana, ce qui est produit, c’est la circulation de l’air, dont les fleurs, les feuilles, les branches (mots bien trop botaniques) ne sont en somme que les parois, les couloirs, les chicanes.[…] Le bouquet japonais a un volume ; chef d’œuvre inconnu, à la façon dont le rêvait le héros de Balzac, qui voulait que l’on pût passer derrière le personnage peint, on peut avancer le corps dans l’interstice de ses branches. »







 


