Notre Japon

La vraie vie de la famille Poggianti au pays du sushi

vendredi 26 juin 2009

Japon, je t’aime un peu, beaucoup, passionnément… suite – Expats au Japon depuis 635 jours

Japon, je t’aime un peu, beaucoup, passionnément… suite
(Note de Delph)

Les fontaines en bambous et les ombrelles rouges que je ne me lasse jamais de photographier.



Les bentos, les sushis à emporter et autres onigiris, si faciles à trouver et si pratiques pour improviser un pique-nique.

Les ruelles de la "Kagu" (quartier Kagurazaka), semées de boutiques traditionnelles, bordées de plantes en pots que personne ne songerait à voler. Ruelles à dévaler à vélo dans le calme du matin, ou à arpenter dans la foule de l'après-midi pour faire son marché chez les petits commerçants.

AkasakaLes autoroutes ("chuto") surélevées en ville, les enseignes d'Akihabara, la ligne Yurikamone pour aller à Odaïba. Futuriste et fascinant.









La fiabilité des Japonais qui arrivent toujours à l'heure exacte à un rendez-vous, qui répondent dans les cinq minutes à mes mails pour confirmer qu'ils l'ont bien reçu, qu'ils vont s'en occuper... et qui s'en occupent bien sûr.

Les toilettes publiques propres. Avec du papier. Partout.

posté par Philippe Poggianti à 10:38 | 3 commentaires

lundi 22 juin 2009

Japon, je t’aime un peu, beaucoup, passionnément… premier jet – Expats au Japon depuis 631 jours

Japon, je t’aime un peu, beaucoup, passionnément… premier jet

Les ruelles quasi-piétonnes de Jingumae, ses coiffeurs branchouilles, ses galeries d’art contemporain, ses magasins de fringues pointus (pour homme, pour femme ou pour chien), à deux pas de l’effervescence commerciale d’Omotesando.

Le carrefour de ShibuyaLa « soirée parfaite » à Shibuya, en commençant par « Izakaya-ism », également appelé le resto à petite porte (1 mètre 20 sous linteau) avec son maquereau grillé au chalumeau ; et en poursuivant avec un cocktail au « Piano », le plus kitsch des minuscules bars de poche du « Golden Gai » de Shibuya, avec tentures rouges, lustres au plafond et têtes de daims le tout sur deux étages de six à huit mètres carrés chacun maximum.

Quelques restos étoilés mêlant le meilleur de la cuisine française à l’imagination des chefs japonais, comme « Chez Tomo » ou « Les créations de Narisawa ».

Sumo au YasukuniL’incontournable tournoi de sumo, commenté à la radio en anglais par les Thierry Roland et Jean-Michel Larqué locaux, suivi du non moins incontournable « dîner de sumo » chez l’ancien lutteur Kirishima, avec un énorme « nabe », sorte de potée spéciale anti-régime. Sur le même thème, la démonstration annuelle des lutteurs, des aspirants ou plus connus, en plein air au sanctuaire Yasukuni, et dans une atmosphère très détendue.



L’expression incontournable et aiguë : « Kawaiiiii !! »
(prononcer ka-ouaille-iiiii)




L’empressement poli dans un magasin, dans une banque (!), au bureau : une course à petits pas, comme un marathon au ralenti, pour montrer que le client c’est bien nous !

La nourriture « kaiseki » dans les ryokans et autres hôtels traditionnels, servie dans de splendides vaisselles toutes différentes, chaque plat de service harmonisé avec la couleur et la texture des ingrédients présentés.

Dogo onsenLes « onsen » les plus beaux du Japon, de Beppu à Shimoda, de Dogo Onsen à Sahoro, tous différents, tous semblables dans leurs rituels immuables : l’énergique douche et savonnage qui précède le bain, la micro-serviette qu’on pose sur la tête quand on glisse le corps dans le bassin brûlant (en ne troublant pas plus l’eau que ne le ferait un pétale de cerisier s’y déposant), le calme et la sérénité à travers la vapeur.


La suite dans une semaine. N’hésitez pas à laisser vos bons (et mauvais) souvenirs, vos anecdotes et vos aventures, nous les reprendrons avec plaisir dans le deuxième post.

Libellés : Clin d'oeil, Culture et traditions, Société, Tokyo, Vidéo

posté par Philippe Poggianti à 20:42 | 0 commentaires

lundi 8 juin 2009

La voie des fleurs - Expats au Japon depuis 615 jours

La voie des fleurs
(note de Delph)

L'Ikebana est aussi appelé "Kado", la voie des fleurs. A Tokyo on peut admirer en ce moment une superbe exposition* organisée par l'école Sogetsu. Cette école fondée en 1930 prône une plus grande liberté et l'usage de matériaux innovants par rapport aux autres écoles. Et en effet, avec cette exposition, on est bien plus proche de l'art contemporain que du bouquet de fleurs !

*Jusqu'au 11 juin 2009 au 11ème étage du magasin Takashiyama à Shinjuku


Libellés : Culture et traditions, Tokyo

posté par Philippe Poggianti à 17:02 | 0 commentaires

mercredi 3 juin 2009

La place du chef - Expats au Japon depuis 612 jours

La place du chef
(Note de Delph)

Voici un article très instructif trouvé récemment dans le magazine Metropolis. Je ne rentre plus un ascenseur sans y penser !

Je résume pour les non anglophones :

Au Japon, il est important de d'utiliser la place du chef ("kamiza") ou la place du grouillot ("shimoza"), selon votre grade dans l'entreprise et celui des collègues avec qui vous vous trouvez.

Dans un ascenseur : le grouillot à côté des boutons (logique) et le chef à l'angle opposé. Le grouillot doit laisser entrer le chef, saluer et se placer à côté de la porte.


Dans une réunion : le grouillot près de la porte, le chef le plus loin possible. Le fauteuil pour le chef, les canapés pour les grouillots.

Dans un taxi : le chef se place à l'arrière, derrière le chauffeur. Si un passager doit monter à l'avant, on y mettra le plus grouillot des grouillots.

Dans le train ou l'ascenseur : le chef est théoriquement à côté de la fenêtre, sauf si le chef préfère l'allée !

Et vous, vous vous placez où en entrant dans un ascenseur ?

Libellés : Société

posté par Philippe Poggianti à 18:52 | 4 commentaires

lundi 18 mai 2009

Le sumo dans tous ses états – Expats au Japon depuis 596 jours

Le sumo dans tous ses états

A l'entraînementOn attaque aujourd’hui la deuxième semaine décisive du troisième tournoi de sumo de l’année à Tokyo. Pas d’éliminations comme à Roland-Garros, mais les vaincus roulent sur la poussière du « dohyô » comme les champions en raquette sur la terre rouge de la Porte d’Auteuil. On peut suivre les scores sur le très complet site français du sumo sumofr.net, et regarder les champions s’affronter tous les jours de la quinzaine de 16 à 18 heures, heure du Japon, sur la NHK.

Avant cela, Delphine a eu la chance d’assister en mars à un entraînement quotidien d’une « heya », beaucoup mieux traduit par « confrérie » dans le bouquin ci-dessous que par l’anglais stable (écurie). Les champions et aspirants mêlent leurs corps et leurs sueurs dans des exercices d’assouplissement, d’affrontement, de concentration. Extrêmement contraignant, cet entraînement commence à l’aube pour les novices et aspirants, un peu plus tard pour les plus forts.

Des rumeurs de brimades parfois très violentes alimentent la chronique et détériorent l’image du sumo au Japon comme le sport le plus noble, né de rites religieux ou funéraires du début de notre ère. Le site « Aujourd’hui le Japon » cite l’interview d’un des deux plus grands lutteurs du Japon : « "Certaines séances de tabassage pouvaient durer jusqu'à 45 minutes, a-t-il assuré lors d'une conférence de presse. Les vingt premières minutes sont incroyablement douloureuses, mais après (...), même si vous continuez à être frappé, vous sentez moins la douleur", a-t-il raconté, choisissant ses mots avec précaution. "Bien sûr, je pleurais. Et quand mon aîné me disait ‘C'est pour ton bien’, je pleurais encore plus", a confié Hakuho ("le grand oiseau blanc"), l'un des deux yokozuna ("champion suprême") actuellement en activité au Japon, le grade le plus élevé de la stricte hiérarchie du sumo. »

Pour une plongée encore plus profonde et intime, il faut absolument lire l’excellente autobiographie de l’ancien lutteur Kazuhiro Kirishima, « Mémoires d’un lutteur de sumô », disponible dans la traduction de Liliane Fujimori chez Picquier Poche. Au-delà des entraînements harassants et des tournois à répétition, on retient l’incroyable combat permanent de cet homme musculeux mais « à l’estomac trop petit » pour… grossir. Un gavage scientifiquement organisé par celle qui deviendra sa femme est le seul moyen pour lui faire passer la barre des cent-dix kilos, ce qui lui permettra de passer dans la catégorie des ôzeki (« grand champion »). Sa technique fait merveille lorsqu’il ne se fait pas projeter comme une plume par les montagnes de deux cents kilos et plus (il n’y a pas de catégories de poids au sumo) ; ses combats dans les années 1990 contre le monstre hawaïen de 260 kilos Konishiki restent paraît-il dans la mémoire collective des Japonais. Il y a un an, nous avions eu la chance de rencontrer cet ancien maître du sumo habile et agile dans le restaurant que sa famille a ouvert près de la confrérie qu’il dirige désormais : son poids redevenu presque normal, il émanait de lui une noblesse et une sagesse qui forçaient l’admiration.

Enfin, pour voir les beaux bébés s’ébattre devant nous de manière beaucoup plus relaxe et nonchalante, il ne faut surtout pas rater la démonstration annuelle dans le sanctuaire Yasukuni au moment du « hanami », la floraison des cerisiers. Cette année, c’était magique : cette exhibition bon enfant en plein air s’est déroulée le premier vrai jour de chaleur de l’année, avec une jolie brise qui faisait voleter une pluie de pétales de fleurs de cerisier comme autant de flocons d’un rose laiteux. Les colosses se laissaient nonchalamment peigner le chignon par leurs coiffeurs attitrés, retiraient une boisson au distributeur, se laissaient photographier en souriant, avant de combattre pour le plaisir des classes d’écoliers et des femmes d’expat regroupés autour du cercle magique du dohyô.

Allez, bonne chance à Asashoryu et Hakuho, les deux mongols, à Kotooshu, mon chouchou bulgare, et aux autres ! Que le meilleur gagne, sans rumeurs de matches truqués, pour que le sumo reste un des plus beaux symboles du Japon.

Libellés : Livres et films sur le Japon, Sumo, Tokyo

posté par Philippe Poggianti à 15:23 | 0 commentaires

dimanche 17 mai 2009

L’empire des vieux – Faire du cinéma, c’est revivre – Expats au Japon depuis 595 jours

L’empire des vieux – Faire du cinéma, c’est revivre

Une fois n’est pas coutume, pour traiter d’un vrai sujet de société, autant se référer aux… vrais journalistes. Les articles de « Courrier International » nous emballent quasiment chaque semaine ; ils nous rendent plus intelligents, plus ouverts sur le monde, plus tolérants, en reprenant les meilleurs articles, photos, dessins de presse des journaux du monde entier et en les traduisant en français. Inutile de broder sur un thème qu’ils ont creusé à fond, autant juste les citer.

Dossier Japon dans le n° 964 du 23 avril : « L’empire des vieux ».

Extrait du premier article, « le jour où notre pays sombrera », traduit du « Nihon Keizai Shimbun » de Tokyo :
« Nous sommes en 2042. Le Japon compte 38,6 millions d’individus de plus de 64 ans, un record jamais atteint. Alors que la population globale n’est plus que d’à peine 100 millions d’habitants, soit 24 millions de moins qu’en 2009, le nombre de personnes âgées a augmenté de 10 millions. […] En raison de la faible natalité japonaise, le vieillissement de la population, sans égal dans le monde, pèse de plus en plus sur les jeunes. Le Japon ressemble à un bateau à la dérive. La croissance économique, qui jadis propulsait le pays, lui fait aujourd’hui défaut. Il manque de travailleurs et se retrouve à court de carburant, autrement dit de ressources financières. »

Mais l’intérêt des dossiers de « Courrier » tient dans la variété des angles abordés. Après l’introduction ci-dessus, ils zooment sur deux conséquences du problème.

L’un est surprenant et désolant : « Sur fond de délitement des liens sociaux, les personnes âgées commettent des délits pour échapper à un quotidien de plus en plus difficile. […] Quelque 70% des personnes âgées remises en liberté après avoir purgé leur peine retournent en prison au plus tard cinq ans après leur sortie [pour certains, la prison représente la garantie d’un repas et d’un logement] » (Tokyo Shimbun).

Le dernier angle du dossier est également surprenant, mais d’un enthousiasme communicatif, traduit de l’Asahi Shimbun de Tokyo. « En réalisant leurs propres comédies musicales, les habitants d’une commune de Hokkaido ont retrouvé le moral et la santé. […] Ko a joué le rôle d’un chef de bande de motards s’opposant à la fusion de sa commune avec l’agglomération voisine dans Ii jijii raidâ [Le gentil papy motard, un jeu de mot faisant référence au film américain Easy Rider], sorti en 2008. Au début, son médecin le lui avait fortement déconseillé. Mais avec le consentement de sa famille, il s’est fait opérer afin de se débarrasser de son lumbago chronique. Il est remonté sur une moto pour la première fois depuis quarante ans. Parfois, il ne parvenait plus à dire ses dialogues, gêné par son dentier. […] Le premier film, tourné en 2003, Tambo-de myujikaru [Comédie musicale dans les rizières], réunissait 125 habitants. Le tournage commençait chaque matin par la prise de la tension de chacun de ses participants. « Ta tension est plus élevée que d’habitude. As-tu pris des médicaments ? Quoi, tu es nerveux avant le tournage ? A ton âge… ». […] L’aventure des personnes âgées de Mukawa est appréciée dans la mesure où elle contribue à réactiver la région et constitue un bon exemple de motivation pour les seniors. […] Voilà bientôt un an que la troisième comédie musicale est achevée. « Alors, la quatrième, c’est pour quand ? Si tu tardes trop, nous deviendrons tous complètement gâteux ! Et alors il sera trop tard ! » dit-on [au scénariste de 65 ans] chaque fois qu’il rencontre un acteur dans la rue. »

Libellés : Société

posté par Philippe Poggianti à 14:01 | 0 commentaires

vendredi 1 mai 2009

Naoshima, l’île ivre d’art – Expats au Japon depuis 579 jours

Naoshima, l’île ivre d’art

Chichu MuseumL’expression « un musée à ciel ouvert » semble avoir été créée pour elle.
Elle, c’est Naoshima, un confetti de quelques kilomètres de tour, perdu dans la « mer intérieure » entre Shikoku, auquel elle est rattachée administrativement, et Honshu dont elle n’est séparée que par vingt minutes de ferry. A huit cents kilomètres de Tokyo, rien ne la destinait à devenir un centre d’art contemporain majeur. Il faudrait revenir sur cette incroyable capacité des mécènes japonais, publics ou privés, à avoir su créer des lieux artistiques de premier plan à l’extérieur des villes principales : on se souvient du musée en plein air de Hakone, et on visitera dans quelques jours l’Ohama Art Museum à Kurashiki. A Naoshima, c’est par la grâce de la société de publication Fukutake, maintenant nommée Benesse (bien-être) Corporation, que sont sortis de nulle part deux musées et un projet d’art contemporain alliant préservation du patrimoine et créations pointues dans un cadre naturel et sociologique préservé.

On commence par le plus audacieux : le Chichu Art Museum, une architecture en béton de Tadao Ando totalement intégrée dans une colline (on pense au fabuleux hôtel de Michel Bras à Laguiole). Dans son dédale de couloirs sombres et de puits de lumière géométriques, il abrite en tout et pour tout huit œuvres centrées justement sur la lumière. On frôle parfois le pignolage avec des employés vêtus d’un blanc clinique qui font attendre puis se déchausser les pauvres visiteurs avant qu’ils puissent admirer quatre des célèbres « Nymphéas » de Claude Monet ; ou encore une des trois installations de James Turrell qui est simplement une ouverture verticale vers… le ciel ! Moi qui d’habitude me laisse facilement emporter par l’art contempoBenesse houserain, je préfère me réserver pour… le musée principal de la « Benesse House ». Là, le design architectural moins radical du même Tadao Ando fait merveille avec ses éclairages naturels et ses vues sur la mer. Là, les chefs d’œuvre sont exposés plus simplement et dégagent pourtant la même force d’émotion : un « dripping » de Pollock, une « Vénus bleue » dYves Klein, une fourmilière géante forée dans une collection de drapeaux du monde de Yukinori Yanagi, des cercles mystiques de pierre, de bois flotté ou de boue de Richard Long… Sur la plage, une énorme citrouille jaune striée de pois noirs de Yayoi Kusama. Superbe.

Et le plus original reste à venir : dans le village de pêcheur voisin, nos mécènes ont poussé l’aventure artistique jusqu’à demander à la population de participer à leur plus belle idée, le « Art House Project ». Soient cinq ou six maisons traditionnelles rénovées, qui abritent désormais des installations contemporaines : le charmant Japonais qui vous poinçonne le ticket n’est autre que l’ancien occupant des lieux ; un peu plus loin, sa voisine a participé à l’une des œuvres de Tatsuo Miyajima en bricolant au tournevis le rythme auquel s’égrènent des chiffres lumineux plongés dans un bassin au centre de l’ancien plancher de la maison Kadoya (notre préférée) ; ailleurs, une statue de la Liberté en albâtre semble vouloir sortir du toit de la maison Haisha (par Shinro Ohtake), telle une Alice trop vite montée en graine.

En fait, c’est bien cela : nous sommes passés de l’autre côté du miroir le temps de cette journée ensoleillée au pays des merveilles contemporaines. Le ferry du retour nous offre le passage inverse, en émergeant en douceur de ce rêve éveillé.

Photo du Chichu Museum : Telstar Logistics sur Flickr

Libellés : Balades au Japon

posté par Philippe Poggianti à 12:03 | 1 commentaires

    Delphine (mise en page et en images) et Philippe Poggianti (rédaction), Isséens, puis Séoulites et maintenant Tokyoïtes, vous souhaitent la bienvenue sur leur blog.

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