Japon, je t’aime un peu, beaucoup, passionnément… suite – Expats au Japon depuis 635 jours
Japon, je t’aime un peu, beaucoup, passionnément… suite

Les bentos, les sushis à emporter et autres onigiris, si faciles à trouver et si pratiques pour improviser un pique-nique.
Les autoroutes ("chuto") surélevées en ville, les enseignes d'Akihabara, la ligne Yurikamone pour aller à Odaïba. Futuriste et fascinant.La fiabilité des Japonais qui arrivent toujours à l'heure exacte à un rendez-vous, qui répondent dans les cinq minutes à mes mails pour confirmer qu'ils l'ont bien reçu, qu'ils vont s'en occuper... et qui s'en occupent bien sûr.
Les toilettes publiques propres. Avec du papier. Partout.
La « soirée parfaite » à Shibuya, en commençant par « Izakaya-ism », également appelé le resto à petite porte (1 mètre 20 sous linteau) avec son maquereau grillé au chalumeau ; et en poursuivant avec un cocktail au « Piano », le plus kitsch des minuscules bars de poche du « Golden Gai » de Shibuya, avec tentures rouges, lustres au plafond et têtes de daims le tout sur deux étages de six à huit mètres carrés chacun maximum.
L’incontournable tournoi de sumo, commenté à la radio en anglais par les Thierry Roland et Jean-Michel Larqué locaux, suivi du non moins incontournable « dîner de sumo » chez l’ancien lutteur Kirishima, avec un énorme « nabe », sorte de potée spéciale anti-régime. Sur le même thème, la démonstration annuelle des lutteurs, des aspirants ou plus connus, en plein air au sanctuaire Yasukuni, et dans une atmosphère très détendue.
Les « onsen » les plus beaux du Japon, de Beppu à Shimoda, de Dogo Onsen à Sahoro, tous différents, tous semblables dans leurs rituels immuables : l’énergique douche et savonnage qui précède le bain, la micro-serviette qu’on pose sur la tête quand on glisse le corps dans le bassin brûlant (en ne troublant pas plus l’eau que ne le ferait un pétale de cerisier s’y déposant), le calme et la sérénité à travers la vapeur. 



On attaque aujourd’hui la deuxième semaine décisive du troisième tournoi de sumo de l’année à Tokyo. Pas d’éliminations comme à Roland-Garros, mais les vaincus roulent sur la poussière du « dohyô » comme les champions en raquette sur la terre rouge de la Porte d’Auteuil. On peut suivre les scores sur le très complet site français du sumo
de cet homme musculeux mais « à l’estomac trop petit » pour… grossir. Un gavage scientifiquement organisé par celle qui deviendra sa femme est le seul moyen pour lui faire passer la barre des cent-dix kilos, ce qui lui permettra de passer dans la catégorie des ôzeki (« grand champion »). Sa technique fait merveille lorsqu’il ne se fait pas projeter comme une plume par les montagnes de deux cents kilos et plus (il n’y a pas de catégories de poids au sumo) ; ses combats dans les années 1990 contre le monstre hawaïen de 260 kilos Konishiki restent paraît-il dans la mémoire collective des Japonais.

rain, je préfère me réserver pour… le musée principal de la « Benesse House ». Là, le design architectural moins radical du même Tadao Ando fait merveille avec ses éclairages naturels et ses vues sur la mer. Là, les chefs d’œuvre sont exposés plus simplement et dégagent pourtant la même force d’émotion : un « dripping » de Pollock, une « Vénus bleue » dYves Klein, une fourmilière géante forée dans une collection de drapeaux du monde de Yukinori Yanagi, des cercles mystiques de pierre, de bois flotté ou de boue de Richard Long… Sur la plage, une énorme citrouille jaune striée de pois noirs de Yayoi Kusama. Superbe.







